sculpture sur pierre

Je définis la sculpture comme artisanale, en opposition avec une idée récente de la sculpture, qui perd le contrôle sur la matière. Et l’œuvre qui en est issue, artistique, ne peut être honorée comme le triomphe d’un acte areligieux.

L’exercice de la sculpture se veut technique. La technique réclame amour du travail bien fait. C’est pour cette raison que la sculpture se place dans une activité artisanale.

« La sculpture, c’est de l’architecture » (Aristide Maillol)

La sculpture est technique

La sculpture apparaît progressivement par des méthodes techniques : Les plans construits, les lignes placées, les profils clairs, définissent la sculpture. Les trois dimensions, hauteur, largeur et profondeur sont sa véritable essence.
Ces trois rapprochent de la réalité d’incarnation ; en effet l’Incarnation, réalité tri- dimensionnelle est beauté.

Le contrôle sur la matière

“L’absence de règles est une limitation terrible…” Picasso

La sculpture récente a perdu la notion technique au profit d’une soi-disant créativité plus libérée. Le résultat devient subjectif, mais techniquement échoué.
La matière n’est plus dominée. L’artiste est un errant qui promène son petit chien qui n’a plus de lois et semble ne plus avoir de maître.

“Quand la -peinture- a perdu tout rapport avec la tradition et quand l’impressionnisme a permis à chaque peintre de faire ce qu’il voulait, ce fut l’anarchie…alors il n’y a plus eu de peinture… la sculpture est morte de la même mort”. (Picasso)

La sculpture est artisanat d’art

La sculpture est artisanat dans le sens ou la technique conduit à la réussite de l’œuvre. La sculpture réclame technique. Rodin, Michel- ange étaient d’humbles artisans. 
L’artisanat se définit par un contrôle de la matière, ce qui est contraire à une idée récente de l’art.

Plastique et qualité, portrait du Fayoum, 2 ème siècle

L’acte est monothéiste

Par son essence, la sculpture se différencie de l’acte athée. L’acte sculptant ne s’oppose pas à l’acte créateur divin, il en est un pâle reflet. Par son exigence de perfection, d’acte personnel, et d’exigence d’intégrité, l’acte sculptant peut être dit monothéiste. L’honneur donnée à l’œuvre d’art ne peut être du au triomphe d’un acte areligieux.

La sculpture, trinitaire, leur est inacceptable

La sculpture qui est travail de la matière, consiste en un agencement dans l’espace de ses volumes. Elle est donc trinitaire dans son essence : trois dimensions, hauteur, largeur, profondeur.
Consulter mon article sur « la sculpture et l’espace »

Sculpture ou déstructuration ?

La déstructuration de la forme est observé aujourd’hui ; Le canon, arbitraire ou naturel, n’est pas tenu dans le temps de la création, il s’affaisse, il disparaît lors du travail.
Le sujet, ou le concept initial, cède alors la place progressivement aux forces de la matière qui s’affirment, le possèdent.
Le sujet s’achemine alors vers autre chose, une vague idée qui semble apparaître, des expressions sensuelles, fantasmatiques. « Ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Le résultat qui s’affirme libre, exprime alors, comme une découverte, espérons- le :

  • une vague idée.
  • une affirmation subjective.
  • un témoignage d’un effort physique.

« L’art s’est perdu lorsqu’il a quitté toute règle » Picasso

Le sculpteur et l’acteur, La sculpture fait son cinéma

La statue entraine l’artisan à vivre une incarnation. C’est pourquoi j’aime rapprocher l’acte est celui de l’acteur.
Mais alors que le cinéma est basé sur la relation sociale souvent conflictuelle, la sculpture ou la statue possèdent une autre forme de socialité.
Le cinéma aujourd’hui va dans le sens des extrêmes : alors que les scénarios aiment à imaginer les pires.
Que pourraient être une transcription de ces extrêmes en sculpture ? Probablement les satyres, Méphistos, et ses autres sujets. 

L’artisanat qui conduit à des œuvres de qualité se définit par un contrôle de la matière, concept contraire à l’idée récente de la sculpture.
L’œuvre d’art ne peut être honorée sous l’angle d’un triomphe athée d’un geste.

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