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L’objet médiatisé ne permet plus la circulation autour de celui- ci. Le manque de l’espace naturel environnant l’objet qui se trouve exprimé en deux dimensions (2d) constitue une crise.

La sculpture et l’espace

La sculpture est une forme dressée dans l’espace qui l’environne. De fait cet espace lui permet son développement plein et intégral puisqu’il et elle sont tridimensionnels par nature.
La statue évolue donc en cet espace et donne l’environnement à mon concept : trois dimensions, hauteur largeur et profondeur.
La sculpture est donc par nature tridimensionnelle, je suis en présence de la réalité tridimensionnelle.

La crise dans l’objet médiatisé 

Alors que l’objet naturellement tridimensionnel se trouve médiatisé sur une surface plate, photo ou écran, la vérité se diffère en une image plate.
Irrémédiablement plat, « différant » l’objet invariablement. Il n’y a plus d’espace.
Il « suppose » sa forme complète. Je suis alors en situation de ne posséder qu’en illusion l’objet « inatteignable ». Impalpable, la profondeur au sens matériel, est « illusive ». C’est donc une pauvreté puisque l’objet naturellement matière, tridimensionnel, est différé en une image.

L’image plastique est immédiate

L’immédiat est donc dans l’objet constitué de ses trois dimensions, touchable. 
Le média (écran, photographie, etc…) de fait transférant en temps, diffère.
Devenu imprenable, l’objet est devenu différent, numérisé. 
Il semble que ce soit le chef d’œuvre qui est immédiat. Puisque il utilise le fondamental de la nature, à savoir les trois dimensions dans l’espace : -le volume-, -le dessin-, -la couleur-. Il n’est pas projeté par un média qui le diffère.

Violence de la non- plastique

Je découvre, par l’exercice de la peinture sur papier, que la non- plastique est représentation violente. La forme, peinte ou dessinée doit être plastique tri-dimensionnelle pour être vraie.

La statue immédiate

« …Soyez platement exacts. Il y a une fausse exactitude : celle de la photographie et du moulage…. » Rodin

Les premières statues en France dont la Vierge romane, sont le témoignage de l’intérêt de la sculpture : La sculpture permettait au fidèle de circuler autour de l’image vénérée.
De cette circulation autour, l’image vénérée sur un média, ne la permet plus.
C’est donc de n’offrir l’objet qu’en 2D (deux dimensions) en un environnement habituel (l’écran ») qui constitue une crise.

La 3 ème dimension dans l’espace est un acquis formidable

La statue romane

La statue romane indépendante qui est le développement de l’icône, montre par elle même la possibilité de « déambulation » du fidèle dans le cadre architectural qui expose la statue.
Si je me réfère à l’icône, cette Vierge affirme nettement la plastique tridimensionnelle.

statue pierre martin damay sculpteur
La statue conserve son intérêt frontal, mais invite à appréhender le « spatial ». Vierge romane Xème siècle.


Cette statue garde son intérêt frontal dans la mesure où le fidèle est appelé à sa vénération en se situant dans son regard, de face. Mais grâce à son développement tridimensionnel, la statue ne perd rien en intérêt lorsque je me place sur son côté. On dirait que la profondeur est exagérée volontairement.

En Europe de l’Ouest, l’icône se transforme en statue

L’icône en tant qu’image, doit s’entendre de l’icône peinte, « écrite », traditionnellement orientale, dont l’expression privilégie

  • la représentation à plat
  • les perspectives inversées.
    Dans ce sens elle n’est pas « plastique ».

C’est une caractéristique de l’Europe de l’Ouest d’avoir développé l’image en trois dimensions (statue).
L’Europe de l’Ouest est le berceau de la « grande statuaire ».

sculpture et espace
Statue trinitaire également dans le sens plastique. Statue de sainte Anne, Avignon, 2003

Il semble que ce soit le chef d’œuvre qui est immédiat. Puisque l’art utilise le fondamental de la nature, à savoir les trois dimensions gérées dans -le volume-, -le dessin-, -la couleur-. Il n’est pas projeté par une image qui le rend autre que lui même.

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