La sculpture et son déclin

… la sculpture est morte de la même mort…” (Picasso)

Nous entendons « sculpture » dans un sens classique et nous affirmons qu’elle est un travail sur la matière. La destination de la sculpture vise à la pérennité.
Que peut- on dire de la sculpture éphémère, des arts « éphémères »… ? 

“Quand la -peinture- a perdu tout rapport avec la tradition et quand l’impressionnisme a permis à chaque peintre de faire ce qu’il voulait, ce fut l’anarchie…alors il n’y a plus eu de peinture… la sculpture est morte de la même mort”. (Picasso)

La conception moderne de la sculpture s’attache à l’emploi de matériaux nouveaux

  • résines
  • matériaux composites, recomposés qui semblent tendre vers le pérenne.
    Nier l’idée de projection dans le temps d’une sculpture est une contradiction.
    Le déclin de la sculpture ne se situe pas dans la matière utilisée.

« L’art s’est perdu lorsqu’il a quitté toute règle » Picasso

La matière n'est pas la cause du déclin de la sculpture

La sculpture liée à la matière pierre, passe par des techniques

  • de fabrication
  • de création
  • approche particulière de l’artisan, de laquelle il est difficile de se soustraire.
    L’industrialisation et la mécanisation dévoile une autre approche du travail de la pierre : par celles- ci, il n’y a plus de confrontation directe de la main avec la matière.

« Je sculpte pour en finir avec la sculpture » Giacometti

Sculpture et déclin dans la relativisation

Une relativisation du « tout » se confronte à la réalité : baisse du marché, désinterêt pour l’art, lieu de pauvreté morale. 
Le déclin de la sculpture veut être une approche approfondie de la question : qu’appelle t-on sculpture ?

La sculpture de la pierre sonne comme une tradition

La pierre étant une des matières premières de la sculpture dans l’histoire, des œuvres anciennes nous sont parvenues. Même si les matériaux ont été très divers au cours des âges : bois, ivoires, os et terres cuites. 

Les menaces de la sculpture

Par quoi la sculpture est – elle menacée et mise en péril ?

“L’art moderne s’achemine vers son déclin, parce qu’il n’existe plus d’art académique fort. Il faut une règle, même si elle est mauvaise, parce que la puissance de l’art s’affirme dans la rupture des tabous. Supprimer les obstacles ce n’est pas la liberté …” Picasso 1964

La menace plastique

Une menace de la sculpture concerne son caractère tridimensionnel :
– l’écran plat ne favorise pas la confrontation de l’esprit avec la tridimensionnalité de l’objet, de la nature, des êtres.

Selon Friedrich Kittler les « médias optiques » entraînent la fin des beaux-arts. Ce grand penseur rejoint la thèse hégélienne de la « fin de l’art ».

“Quand la -peinture- a perdu tout rapport avec la tradition et quand l’impressionnisme a permis à chaque peintre de faire ce qu’il voulait, ce fut l’anarchie…alors il n’y a plus eu de peinture… la sculpture est morte de la même mort”. (Picasso)

La relativisation du beau

Relativiser le beau réduit tout discours. Il promeut le « n’importe quoi », dans la mesure ou n’importe qui peut être artiste et donc faire de l’art ! 
Ce glissement vers le « tout relatif » se démontre en sculpture par la qualité des œuvres. Mais comment en parler ?
C’est la voix du peuple qui décide au final de la qualité des œuvres, leur durée…

Le climat de relativisation de la beauté de l’œuvre d’art et en particulier de la sculpture qui nous intéresse, se heurte aujourd’hui à

  • cout réel de la matière engagée
  • finalité de l’œuvre (le résultat peut il se commercialiser ?)

La théorie du déclin de l'art est une ambiance

 Le déclin de l’art peut être une théorie que certains voudraient voir, ceux – ci étant incapable d’admettre le contraire.
Toutefois à partir de la matière,

  • modeler celle- ci
  • lui donner une autre destinée
  • la transcender par la création en cette matière d’un être à la caractéristique plastique du vivant.
    Cela appartient à la destinée de l’art et à son propre chemin.

Ce qu'il faut retenir sur le sujet :

Relativiser le beau réduit tout discours. Il promeut le « n’importe quoi », dans la mesure ou n’importe qui peut être artiste et donc faire de l’art ! 
Ce glissement vers le « tout relatif » se démontre en sculpture par la basse qualité des œuvres. Mais comment en parler ? C’est la voix du peuple qui décide au final de la qualité des œuvres, leur durée.

Martin Damay

Martin Damay est sculpteur professionnel. La pierre est la matière dominante de ses statues. Tailleur de cette pierre il s'est formé auprès de nombreux maîtres à partir de 1986. Le figuratif est devenu sa spécialité pour la sculpture de toute taille.