visage scupture statue pierre

La sculpture est un temps, un temps fécond, comme arrêté, sans durée ou plutôt d’une durée éternelle. Là se trouve sa vie et sa particularité. 
Le temps n’est pas une durée, il est un instant ou l’éternité. Pas de mouvement de la sculpture ou de la statue, de déplacement dans l’espace qui s’inscrirait dans le temps. Si la statue est récit dans l’image, de toute façon je sais cet instant fixé.

Le temps dans une sculpture

Le temps dans une sculpture est celui qui est capté pour être fixé : Est- ce que je parle seulement du temps de la fabrication de l’œuvre ? 
Ce qui est fixé est donc l’existant, une vie, fixée, “arrêtée”. Cet dans cet instant choisi que se trouve l’Existence.

Le temps et l’exprimé

Le temps en question est celui qui a rapport à l’ « exprimé » : Un sujet semble figé, une statue est comme son nom l’indique « statique ». Le temps arrêté est contenue en elle car en nul autre chose il est.
La statue exprime un temps, son temps. Celui qui est son propre, unique. La vie jaillit de ce temps qualifié d’instant.

Qu’importe le temps de la fabrication ! celui- ci est caduque, devenu sans importance ; il aura été de dix heures, quarante heures, quatre cent heures, ce qui compte c’est le geste, unique, bref en fait.

« Je veux faire une sculpture pour laquelle personne ne verra ce qu’elle m’a coûté ». Michel Ange

statue pierre sculptée Vierges

L’inspiration pour l’ex-piration dans le temps

Cette inspiration comme située dans le temps, va s’incarner ; du début à la fin de la création de la sculpture, ce geste, cette « motivation » aura été la même du début à la fin, unique, dans son unicité.
J’appelle cela « concept cordial » ; Un concept, un seul, qui va prendre forme, et qui à mesure de la forme, naissante, apparaissante, va s’ « intra- motiver », se nourrir de sa propre apparition, se conforter lui- même, s’affirmer et se trouver alors matériel.
Pourtant le concept cordial -est- déjà la forme. Mais il est engagé dans un processus d’apparition, de partage de lui- même à d’autres contemplatifs, chose qui ne pouvait se faire dans le mental.

« Ne comptez pas sur l’inspiration. Elle n’existe pas »… Rodin (extrait de la « profession de foi »)

J’aime ce temps de la sculpture

J’aime ce temps exprimé dans une statue; J’aime sa prestance, que Tout soit en elle, ou que Tout soit contenu dans cet instant en fait, dans un unique temps.

Je trouve cela dans la statue, plus que dans la peinture ; est- ce à cause de la matérialité de la statue ?
Mais dois- je parler de « matérialité » puisque ce mot semble inadéquat pour exprimer l’esprit qui préside l’œuvre !.

Le temps, le « rien de », et dans la création ?

Qu’il y ait un « rien » je l’admets.
Pourquoi ? comment l’admettre si ce « rien » me fait ressembler à Dieu qui seul crée de « rien », Ex nihilo ?
Toutefois, créer une statue doit contenir initialement un « rien »: Quelle serait ma véritable motivation si un rien « n’était pas » ? s’il n’y avait un « rien » ?
Ce rien est défendable.
Alors parler de ce rien à l’origine de la statue, est en soit contradictoire ; je ne peux qu’essayer d’en aborder les contours… et ne pas attaquer la question « de front »…

L’inspiration, comme située dans le temps, va s’incarner du début à la fin de l’apparition de la statue. Ce geste, cette « motivation » aura été la même, unique, dans son unicité.

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