Ethique de l'art
Expérience et sujets : c’est dans le blog
Techniques de l'art
Le blog dévoile le comment de la sculpture
Expérience et sujets : c’est dans le blog
Le blog dévoile le comment de la sculpture
Au Xe siècle, c’est à dire avant la fin du premier millénaire, une nouvelle façon de concevoir l’expression émerge et transforme profondément la sculpture européenne et en même temps « la conception plastique ».
Ce mouvement, une «révolution plastique» marque une rupture avec les traditions byzantines, manifesté principalement dans la représentation artistique : « la Vierge à l’enfant ».
Table des matières
ToggleAlors que l’icône byzantine privilégie des images figées et symboliques sur des supports plats, la sculpture occidentale du Xe siècle réinvente la Vierge dans des formes « plastiques », tridimensionnelles, annonçant une nouvelle ère artistique.
L’ icône, » byzantine », aux traits hiératiques, couleurs riches et postures frontales, a dominé la représentation de la Vierge au début du Moyen Âge. Cette image visait à transmettre une transcendance divine et immuable.
La sculpture offre une conception plus complète que celle en deux dimensions, qui enferme le regard dans une seule surface plate.
Cette conception entre 2D et 3D se retrouve de manière frappante dans le jeu d’échecs : figures symboliques tracées sur un damier plat.
Sur l’échiquier, le joueur navigue dans un plan, une surface plate, où chaque coup est calculé sur cet espace bidimensionnel ; la complexité réside dans la profondeur de la réflexion ou dans la capacité à anticiper les mouvements sur un plan horizontal.
La Vierge est plus qu’un symbole : elle incarne une mère aimante et protectrice.
Les expressions faciales, autrefois abstraites, se chargent dans la sculpture d’émotions et de tendresse.
Les postures sont moins figées : la Vierge est représentée assise, portant l’Enfant, ou dans des positions plus interactives.
Les drapés stylisés, tout en restant simples, suggèrent les formes corporelles et renforcent le réalisme.
Bien que la dimension sacrée demeure, elle est complétée par une approche plus intime, permettant aux fidèles de s’identifier à la figure mariale.
Cette évolution traduit l’essor de la dévotion mariale en Occident.
Le passage de l’image à la sculpture
Contrairement aux icônes byzantines bidimensionnelles, la révolution plastique privilégie des œuvres en trois dimensions : Les statues permettent une interaction plus physique et émotionnelle, renforçant leur rôle dans la liturgie.
Ces courants artistiques favorisent le renouveau de l’art figuratif, en s’appuyant sur des traditions antiques tout en innovant.
La distance avec l’icône se traduit par une développement de la forme dans l’espace.
Alors que les icônes byzantines obéissent à des règles strictes, la sculpture occidentale explore peu à peu une plus grande liberté artistique, donnant naissance à des œuvres abondantes, uniques et variées.
Elles conservent une certaine frontalité héritée des icônes mais intègrent des détails humanisés, comme des interactions entre la mère et l’Enfant.
Issues des régions d’Europe du Nord, ces œuvres présentent une délicatesse dans le traitement des expressions et des drapés.
La réinvention de la Vierge au Xe siècle influence directement les œuvres de l’art roman. Les innovations plastiques introduites permettent une richesse expressive qui s’épanouira pleinement aux XIe et XIIe siècles, notamment dans les tympans des églises et les statues en pierre ou en bois.
L’apparition plastique tridimensionnelle du Xe siècle redéfinit la sculpture religieuse, en rompant avec les conventions figées de l’icône orientale.
En humanisant la Vierge et en favorisant des représentations plus dynamiques, tridimensionnelles, elle ouvre profondément et définitivement la voie à une nouvelle ère artistique, une conception plus réelle.