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Le blog dévoile le comment de la sculpture
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Table des matières
ToggleIl faut réapprendre à dépasser la force du sujet développé (dans une sculpture) pour apprécier dans un jugement vrai la véritable beauté qui en ressort.
Qu’est ce que la beauté et comment la définir ?
Aujourd’hui, le réseau social que je consulte décrète ce qu’est la beauté ; ce procédé d’opinion par le « like » est funeste pour la sculpture et l’art.
De toutes mes années de pratique, il semble que la sculpture rejoint la beauté lorsqu’il y a maitrise sur la matière.
La laideur vient, à l’inverse, d’une faiblesse de l’acte sculptant.
La beauté n’est pas dans le mythe « Pygmalion et Galatée ».
Si la laideur se trouve dans la déshumanisation exhibée sur un tableau ou une statue, approfondissons la lecture de l’œuvre.
Sculpter la pierre, c’est révéler ce que la matière pourrait porter en elle.
Chaque coup de ciseau soulève la poussière et imprime une forme. La terre elle-même s’élève pour donner naissance à une présence intemporelle.
Dans ce dialogue entre la main et la pierre, naissent des œuvres ancrées dans la tradition.
La beauté est difficilement associée à limite, et le concept de beauté est nécessaire à toute avancée et progrès, c’est à dire pour la création et l’invention.
Mais dans la sculpture se trouve un drame : le sujet limité dans son mouvement.
La beauté dans la sculpture n’est pas une idée abstraite, inintéressante ou réduisante, absente de la vie, mais elle contient des exigences propres du fait de la matérialité de la sculpture.
Les plans construits, les lignes placées, les profils clairs, définissent la sculpture.
L’incarnation possède la même réalité tri-dimensionnelle.
La beauté ne m’échappera pas si dans les premiers instants de mon geste de sculpteur :
La beauté fait partie de la quête de la sculpture et elle a sa part dans la qualité de celle- ci.
Si ma sculpture est belle, elle est réussie, et si ma sculpture est réussie, c’est qu’elle contient une part de beauté indépendamment du sujet développé.
Je ne la cherche pas en elle même, j’utilise :
Admettre la sculpture comme beauté immobile n’est pas une réduction de celle- ci : L’acte d’incarnation qui a lieu dans le processus de sculpture, ne se trouve pas que dans le rôle d’un acteur de cinéma.
Mais alors que le cinéma est basé sur la relation sociale, souvent conflictuelle, entre plusieurs acteurs, la statue exprime sa potentialité dans une autre forme de socialité, de l’ordre de l’individualité…
Dans l’article « Sculpture et art sacré» j’étudie la beauté en tension :
Nous nommons « beauté » une soumission à la force du sujet : Un sujet religieux contient le «beau» et nous pouvons l’affirmer effectivement.
Mais si je dépouille l’œuvre de ce sujet, elle peut se réduire artistiquement à peu de chose : l’œuvre devient alors en tension entre la force de la beauté-sujet et la beauté technique ou artistique au sens pur.
La statue de la Vierge Notre-Dame de Paris incarne une beauté paradoxale, où l’utopie du sujet sacré semble se confronter aux imperfections de sa réalisation :
Avec sa couronne trop grande, son étoffe ressemblant à une chasuble de chanoine, son lys transformé en bougeoir, et ses yeux globuleux, cette sculpture rompt avec les canons de la beauté gothique de l’époque.
L’Enfant Jésus, droit et raide, accentue encore cette impression d’inharmonie.
Cette statue trouve sa beauté dans la force de son sujet et l’aura qu’elle dégage, malgré ses défauts esthétiques évidents. Elle reste un exemple de dévotion et de symbolisme plus que de perfection artistique et sculpturale.
Nous croyons que la beauté d’une sculpture provient d’une orchestration, d’une architecture. Le travail est exigeant car au cours de la fabrication, au cours de la sculpture, la matière tend à influencer l’acte.
Mais la sculpture, qui contient en soit différentes formes :
– une main
– un cou
– un drapé recouvrant un corps, ceux- ci ne peuvent en aucun cas être sculptés comme symboles.
Il faudrait apprendre ou réapprendre à dépasser la force du sujet représenté, pour apprécier dans un jugement simple le degré de beauté véritable qui en ressort.