Statue de Saint Joseph en pierre sur l’Île Saint-Joseph en Guyane : une œuvre au cœur d’un lieu chargé d’histoire
Une statue de Saint Joseph au cœur des Îles du Salut
Située en Guyane française, l’Île Saint-Joseph fait partie des célèbres Îles du Salut, anciennement liées au bagne de Cayenne, aussi appelé « Île du Diable ». C’est dans ce lieu chargé d’histoire, entre mémoire et spiritualité, qu’a été installée une statue de saint Joseph en pierre.
Réalisée à l’occasion de l’Année Saint Joseph proclamée par l’Église en 2021, cette œuvre s’inscrit dans une démarche à la fois artistique, spirituelle et patrimoniale.
L’Île Saint-Joseph : entre histoire du bagne et renouveau spirituel
Un lieu emblématique du bagne de Cayenne
L’Île Saint-Joseph est connue pour avoir été l’une des trois îles du bagne de Cayenne, aux côtés de l’Île Royale et de la célèbre Île du Diable. Elle accueillait notamment les prisonniers soumis à un régime d’isolement particulièrement sévère.
Aujourd’hui, ces îles sont devenues un lieu de mémoire, visité pour leur histoire mais aussi pour leur atmosphère singulière, entre nature et recueillement.
Un site propice à une présence spirituelle
L’installation d’une statue de Saint Joseph dans ce lieu n’est pas anodine. Elle vient apporter une dimension spirituelle et symbolique forte, en lien avec l’histoire humaine et les épreuves vécues sur ces terres.
La statue mesurant 1 mètre de hauteur est une sculpture en pierre véritable située sur l’île saint Joseph, l’une des trois « iles du salut ».
Cayenne et l'Ile saint Joseph qui reçoit la statue
L’île saint Joseph est l’une des îles du Salut de la Guyane française.
Au large de Kourou d’environ 10 kms, elle dépend de la commune de Cayenne.
Une sculpture en pierre de Bourgogne réalisée dans mon atelier
Une statue de Saint Joseph sculptée à la main
Cette statue sur mesure a été entièrement sculptée à la main dans mon atelier, selon les techniques traditionnelles de la sculpture sur pierre.
Réalisée en pierre de Bourgogne, elle s’inscrit dans une démarche artisanale exigeante, privilégiant la durabilité, la noblesse du matériau et l’expression des formes.
De l’étude du modèle à la taille de pierre
La création d’une statue de ce type commence par un travail de réflexion et de dessin, afin de définir les proportions, l’attitude et l’expression de Saint Joseph.
Le travail de taille de pierre vient ensuite donner vie au modèle, étape après étape, jusqu’à obtenir une sculpture aboutie, à la fois solide et expressive.
La statue est sculptée avec une expression de tendresse : Joseph porte l’enfant sur son bras gauche et penche sa tête qui repose sur celle de Jésus.
Les deux, Joseph et Jésus, ont une attitude d’intimité et de communion. La tendresse est exprimée et sur l’embase de la statue sont gravés les mots « PATRIS CORDE »; (cœur de père).
Le modèle de la statue
La pierre de la statue est la pierre de Bourgogne, référence 210067.
Transport et installation de la statue en Guyane
Un acheminement jusqu’aux Îles du Salut
Une fois terminée, la statue a été transportée depuis mon atelier jusqu’en Guyane, puis acheminée jusqu’à l’Île Saint-Joseph, ce qui représente une logistique particulière en raison de l’isolement du site.
Une installation en 2022 pour l'année saint Joseph
L’installation de la statue a eu lieu en 2021, dans le cadre de l’Année saint Joseph. Cet événement a donné lieu à une bénédiction et à une célébration sur place, marquant l’importance spirituelle de cette œuvre.
Le texte de la bénédiction de la statue
La paroisse militaire du 3 ème REI accompagnée des donateurs et invités a vécu un grand moment ce samedi 19 mars 2022 lors de la bénédiction de la statue en l’honneur de Saint Joseph, jour de sa solennité.
En effet, après une traversée de 30 minutes sous un soleil radieux mais sur une mer agitée, nous fûmes très heureux d’arriver à bon port pour participer à la messe et à la bénédiction de la statue par Mgr Alain Ransay, nouvel évêque du diocèse de Cayenne. De mémoire de « bagnards » et de légionnaire, c’est probablement la première fois qu’une statue de Saint Joseph est installée et bénie sur cette ile qui en porte son nom ! Le projet pour ériger cette statue est venue du constat qu’il n’y avait aucun lieu rappelant la présence de Saint Joseph, le père adoptif de Jésus qui est l’image de tous ceux qui cherchent un père aimant, tendre, travailleur et courageux ! Et, la lettre du pape François « Patris Corde » « un cœur de père » qui a institué l’année 2021 en « année Saint Joseph » est arrivée à point nommé !
« Nous pouvons tous trouver en saint Joseph l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficultés.
Saint Joseph nous rappelle que tous ceux qui, apparemment, sont cachés ou en « deuxième ligne » jouent un rôle inégalé dans l’histoire du salut. À eux tous, une parole de reconnaissance et de gratitude est adressée »…
« L’histoire du salut s’accomplit en « espérant contre toute espérance » (Rm 4, 18), à travers nos faiblesses. Nous pensons trop souvent que Dieu ne s’appuie que sur notre côté bon et gagnant, alors qu’en réalité la plus grande partie de ses desseins se réalise à travers et en dépit de notre faiblesse.
C’est ce qui fait dire à saint Paul : « Pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » » (2 Co 12, 7-9). »…
« La volonté de Dieu, son histoire, son projet, passent aussi à travers la préoccupation de Joseph.
Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse. Et il nous enseigne que, dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. Parfois, nous voudrions tout contrôler, mais lui regarde toujours plus loin. »…
« Chaque fois que nous nous trouvons dans la condition d’exercer la paternité, nous devons toujours
nous rappeler qu’il ne s’agit jamais d’un exercice de possession, mais d’un “signe” qui renvoie à une paternité plus haute. En un certain sens, nous sommes toujours tous dans la condition de Joseph : une ombre de l’unique Père céleste qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45) ; et une ombre qui suit le Fils. » … écrivait le Pape François dans sa lettre « Patris Corde ».
Grâce à Dieu et à tous ceux qui ont participés de loin ou de près à ce projet, nous avons pu installer cette statue réalisée par le tailleur de pierre Martin DAMAY. En effet, après avoir été achevée, elle est passée entre les mains du 1er REG, celle d’un équipage d’un A400M et du fier chaland de débarquement « Anne Marie » du 3 ème REI, pour être enfin bénie !…
Aujourd’hui, la beauté et la tranquillité de l’île Saint Joseph dont le 3 ème REI a la garde et l’entretien, semblent totalement occulter l’histoire du bagne qui s’est déroulée en son sein. Au vu des très agréables moments que nous y passons à chaque fois, il est difficile d’imaginer que de nombreux Français ont souffert dans leur chair et dans leur âme sur ces 3 petites iles paradisiaques, appelées iles du Salut et se situant à 10 km au nord de Kourou.
D’abord nommées « Îles du Triangle » (en raison de leur disposition) par les premiers explorateurs,
les îles du Salut prirent ensuite le nom sinistre « d’Îles du Diable » en raison des forts courants marins qui rendaient leur accès très périlleux, mais aussi de la tragique expédition de Kourou de 1763-1764, qui se solda par une hécatombe (environ 12 000 morts en un an). Les survivants, qui trouvèrent refuge sur ces îles au climat plus favorable et dépourvues de moustiques, les rebaptisèrent alors « Îles du Salut ».
Mais ce « salut » fût de courte durée et la réputation de ce « triangle maudit » et de cette « terre d’enfer » allait être confirmée dès la Première République par la construction d’une forteresse, en 1793, pour y accueillir les premiers déportés politiques, à commencer par quelque deux cents prêtres
réfractaires.
L’île Saint Joseph fût l’île ou il y eut le plus de souffrances : elle fut choisie, pendant la période du bagne, comme lieu de réclusion cellulaire, d’asile de fous et de cimetière des surveillants. Le traitement des forçats lui valut d’être surnommée « l’île du silence », « la mangeuse d’homme » ou qualifiée de « guillotine sèche ».
Le camp des Îles du Salut va demeurer en activité jusqu’à la fin du bagne de Guyane. Le 17 juin 1938, après une intense campagne de presse, le décret-loi mettant fin au régime de la transportation est promulgué. Il faut attendre 1945 pour que l’envoi des relégués en Guyane soit arrêté. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’opinion internationale se fait pressante et aboutit en 1946 à la fermeture du bagne.
Les forçats restant sont rassemblés sur les Îles du Salut et leur retour s’échelonne jusqu’en 1953.
Sur les Îles du Salut, après la fermeture du bagne, les infrastructures abandonnées sont victimes de
la végétation et du climat, des pillages et du temps. De 1964 à 1968, le seul habitant des Îles du Salut fut le gardien du phare sur l’île Royale. Et depuis l’installation du CSG à Kourou dans les années 60 ces îles appartiennes au CNES. L’entretien et la surveillance de l’ile Saint Joseph a été confiée au 3ème REI depuis son arrivée en 1973.
Padre Philippe, aumônier des Forces Armées en Guyane
Une œuvre entre mémoire, foi et patrimoine
Une présence symbolique forte
Dans un lieu marqué par la souffrance et l’histoire du bagne, la présence d’une statue de Saint Joseph prend un sens particulier. Elle évoque à la fois la protection, le travail, la discrétion et la fidélité.
La sculpture au service du patrimoine
Cette réalisation illustre aussi le rôle de la sculpture sur pierre dans la transmission du patrimoine, en créant des œuvres durables destinées à traverser le temps.
Sculpture sur pierre : une démarche artisanale et intemporelle
À travers cette statue de Saint Joseph en Guyane et mes autres statues religieuses en pierre, c’est toute une approche de la sculpture qui s’exprime : un travail lent, précis, réalisé à la main, dans le respect de la matière.
La pierre, matériau noble et durable, permet de créer des œuvres uniques, adaptées aussi bien aux lieux historiques qu’aux espaces privés.
Commander une statue en pierre
Je réalise des statues en pierre sur mesure, religieuses ou figuratives, pour des particuliers et des lieux patrimoniaux, en France et à l’international.
👉 Pour toute demande, vous pouvez me contacter via le site.